L’éjaculation précoce est-elle génétique ou héréditaire ?

L’éjaculation précoce est-elle génétique ? Est-ce que j’ai plus de chance de souffrir d’éjaculation précoce si mon père est un éjaculateur précoce ?

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre le lien entre éjaculation précoce et génétique. Pourtant, de plus en plus de signes nous laissent soupçonner que les éjaculateurs précoces à vie ont un profil génétique différent.Par conséquent, l’éjaculation précoce à vie pourrait être héréditaire. Les études familiales, les études de jumeaux et les études ADN pointent toutes vers une explication génétique possible de l’éjaculation précoce.

Étude familiale

La première étape pour déterminer si une condition pourrait être génétique est de rechercher si la condition est plus fréquente dans une famille que dans la moyenne de la population. Ce processus s’appelle une étude familiale. Si la fréquence est la même, alors le débat est clos. Ce n’est pas génétique, et ce n’est pas un trait héréditaire.

Le problème est que la plupart des éjaculateurs précoces à qui on a demandé d’interroger leur père, leur frère ou leur enfant, refusent de le faire. Pourtant, une étude particulière montre que sur 11 réponses recueillies dix ont trouvé un éjaculateur précoce chez leur premier parent1. Bien que la taille de l’échantillon de l’étude soit minuscule, 10/11 est tout de même une occurrence élevée et un indicateur d’une condition génétique potentielle.

Étude sur les jumeaux

Même si une condition est plus présente dans certaines familles, cela ne signifie pas qu’elle est nécessairement génétique. Par exemple, l’environnement dans lequel vous avez été élevé pourrait également être à l’origine de cette affection. C’est pourquoi l’étape suivante pour déterminer si une affection est génétique est une étude de jumeaux.

Dans une étude de jumeaux, on prend des vrais jumeaux et des faux jumeaux, et on vérifie s’ils sont concordants. Si les deux jumeaux ont la condition, ou si les deux ne l’ont pas, ils sont considérés comme concordants.

Puisque les vrais jumeaux partagent 100% de leurs gènes, et que les faux jumeaux partagent en moyenne 50% de leur gène, cela pourrait nous dire à quel point les gènes jouent un rôle.

Une étude de jumeaux a été menée en Finlande2. Elle a montré qu’il existe un effet génétique modéré (28%) sur l’éjaculation précoce. Cependant, la plupart de ces jumeaux interrogés éjaculent au-delà du seuil de 1 min. Ils ne sont donc pas considérés comme des éjaculateurs prématurés à vie selon la définition de l’éjaculation prématurée de la SISM. Ainsi, le facteur génétique de l’éjaculation prématurée pourrait être exclusif au sous-type d’EP à vie.

Recherche ADN

La dernière façon de déterminer si une affection est génétique est d’analyser les gènes de la personne qui en souffre. Le profil du génotype de l’éjaculateur précoce est-il différent de celui des autres hommes ?

89 hommes qui souffrent d’éjaculation précoce à vie, aux côtés de 92 qui n’en souffrent pas, ont participé à ce type d’étude aux Pays-Bas3. Les résultats montrent que les hommes avec les génotypes SS et SL ont un temps d’éjaculation plus long que les hommes avec les génotypes LL, ce qui indique qu’il pourrait y avoir un facteur génétique à l’éjaculation précoce à vie.

Conclusion – L’éjaculation précoce est-elle génétique ?

Nous n’avons toujours pas assez de données pour répondre à la question. Ce que nous savons jusqu’à présent nous laisse soupçonner une influence génétique sur le sous-type d’éjaculation précoce à vie. Cependant, les experts hésitent encore à confirmer le facteur de risque génétique de l’éjaculation précoce en raison du manque de preuves tangibles.

Sources:

  1. Waldinger MD, Rietschel M, Nothen MM, Hengeveld MW, Olivier B (1998) Survenue familiale de l’éjaculation précoce primaire. Psychiatr Genet 8:37-40
  2. Jern P, Santilla P, Witting K, Harlaar N, Johansson A, von der Pahlen B et al (2007) Éjaculation précoce et retardée : effets génétiques et environnementaux dans un échantillon de jumeaux finlandais basé sur la population. J Sex Med 4:1739-1749
  3. Janssen PKC, Bakker SC, Zwinderman AH, Touw DJ, Olivier B, Waldinger MD (2009) Serotonin transporter promoter region (5-HTTLPR) polymorphism is associated with the intravaginal ejaculation latency time in Dutch men with lifelong premature ejaculation. J Sex Med 6:276-284

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